jeudi 19 octobre 2017

América del Sur



Hier matin, rue des Petits-Champs, comme si l'Amérique du Sud me saluait avec panache.

dimanche 15 octobre 2017

vendredi 13 octobre 2017

jeudi 5 octobre 2017

Les figures de la Grâce (7)



Les amis, lecteurs et passants de Noël 69 à Clermont Ferrand savent à quel point on apprécie ici Anne Wiazemsky. Sa disparition aujourd'hui m'attriste tout particulièrement.

mercredi 27 septembre 2017

Parlez-moi d'amour


Jeune demoiselle et ses quatre soupirants

Une déclaration

* * *


mardi 26 septembre 2017

12, rue Sainte-Anne



"À peine arrivée à Paris, Suzy [Solidor] ouvrit quai Voltaire une boutique de curiosités qu'elle n'hésita pas à baptiser : « À la Grande Demoiselle. » Le dimanche, la boutique se transformait insensiblement en auberge, car les amis de Suzy en amenaient d'autres, et le pique-nique s'organisait de lui-même au milieu d'une forte camaraderie, que rehaussaient encore des chansons de matelots. Une fille très jolie, accorte et fine, Line, dirigeait admirablement ce relais galant et tenait lieu de dépensière, d'économe, de caviste et de cuisinière. De là à fonder un bar « comme les autres » il n'y avait qu'un pas. On leur dénicha un coin charmant, qui n'était autre que l'ancienne boîte Pizella. Suzy et Line, qui ont de la lecture, voulurent appeler l'établissement : « l'Amant de Lady Chatterley », mais on leur fit remarquer que leurs invitées, qui préféraient lire le bouquin et n’en pas parler, allaient faire la petite bouche. Quelqu'un qui a le sens des mises en pages, leur proposa tout simplement « la Vie Parisienne », et il ne se trompait pas, car ce titre, qui évoque Offenbach, le prince de Sagan, Boni de Castellane, Émilienne d'Alençon, Liane de Pougy, ne devait pas tarder à faire accourir rue Sainte-Anne les noctambules les plus huppés de Paris, à commencer par Van Dongen, qui fit le portrait de Suzy, […]."

Léon-Paul Fargue, Le piéton de Paris

Kees Van Dongen, Portrait de Suzy Solidor, 1927

On reviendra peut-être un jour sur la fascinante personne qu'avait l'air d'être Suzy Solidor...



vendredi 22 septembre 2017

Equinoxe



Soirée d'adieu d'un été bleu. Le peuple des toits danse sans joie.

mercredi 20 septembre 2017

mardi 19 septembre 2017

René, Jean-Claude et Miles



"Le calme parfait du cimetière me surprit après l'agitation du petit restaurant. On franchissait un mur et la fièvre de la ville laissait place à un immense jardin. Mille touches de couleurs respiraient sous un limpide ciel de septembre. Personne dans ces larges allées qu'un employé arrosait en sifflotant.
En grimpant vers le crématorium, je me souvins d'une matinée semblable à celle-ci, paisible et bleue. Nous avions accompagné Jean-Claude, notre ami, jusqu'aux portes de l'éternité. Pendant que son corps brûlait nous avions écouté la trompette de Miles Davis, lointaine, mélancolique, et cette mélodie ressemblait à tous les personnages de Total Khéops et à cette ville qui étaient sortis de son cœur. Instant inoubliable. Inoubliable ami."

* * *

 "Il introduisit un CD dans le lecteur.
– Tu aimes le jazz ? me demanda-t-il.
– J'en écoute peu.
– Si tu n'aimes pas ce morceau, c'est que tu as une pierre à la place du cœur. Il m'arrive de pleurer en l'écoutant.
– Qu'est-ce que c'est ?
So What. Trompette, Miles Davis. Sax ténor, Coltrane. Drums, DeJohnette. Contrebasse, Gary Peacock. Et au clavier, Herbie Hancock. Enregistré dans un caboulot de Pittsburgh dans les années soixante.
Cette voiture luxueuse conduite par un truand, l'évasion rocambolesque que nous préparions, ce morceau de jazz sous les lumières d'Avignon, j'avais l'impression d'être un acteur dans un film de Melville. Si le cinéma n’existait pas il y aurait beaucoup moins de voyous, pensais-je. Qui s'intéresse aux plombiers ?"




lundi 18 septembre 2017

lundi 11 septembre 2017

Pluie sur Santiago




Il a plu sur Santiago, ce 13 juillet 2017, comme 43 ans, 10 mois et 2 jours auparavant, un certain 11 septembre 1973. Moments indispensables autour de la Moneda, tout comme au passionnant et très émouvant Musée de la Mémoire, consacré au coup d'état et aux sombres années de dictature qui ont suivi.





samedi 9 septembre 2017

A Viens



À Viens
j'ai cherché en vain la Place de la Rue
à Viens
tu n'es pas venu
et je me suis perdue.




jeudi 7 septembre 2017

Marcher dans la lumière




"Même si l'on me disait que je vais vivre mille ans, j'aurais encore peur de mourir. De ne plus voir jamais cette beauté. Ici, la beauté est partout.
Chaque jour je mets mes chaussures de marche dans le garage et je pars. Je marche dans la lumière, je regarde la lumière, j'avale la lumière, je traverse la lumière. Ma vue a commencé à baisser. Il reste autour de moi toute cette clarté, si blonde en ces après-midi d’hiver. J'avance vers la lumière dans la poussière, la boue, l'herbe de tous les chemins. L'un d’eux me conduira au royaume des ombres. Tant que je marche… Je connais chaque pierre des collines, les troncs pourris qui barrent les sentiers, les sonores éboulis, les combes luisantes de mousse. Je fais un pas, je suis ébloui. Je marche, j'ouvre les yeux, les bras, la bouche. Je vis. Chacun de mes muscles vit, chaque centimètre carré de ma peau. Je sens battre le sang dans mes épaules, mes cuisses, mes reins, il laboure mon ventre. J'avale toute cette beauté, elle illumine mon corps jusqu'à la pointe éblouie de chacun de mes nerfs."

René Frégni, Les vivants au prix des morts (Gallimard) 

mercredi 6 septembre 2017

mardi 5 septembre 2017

Marcel Thiry, 13 mars 1897 - 5 septembre 1977


La Serena, juillet 2017

in Usine à penser des choses tristes,
extrait de l'anthologie Tous les grands ports ont des jardins zoologiques
(collection La petite vermillon, Éditions La Table Ronde)

5 septembre 1977, cela fait donc 40 ans aujourd’hui que le poète belge Marcel Thiry a disparu.
Que faisais-je le 5 septembre 1977 ? Rentrée de 4ème, Rouen, collège Fontenelle...
Marcel Thiry, mort à 80 ans, était né un 13 mars, jour où il y a 14 ans déjà une personne qui m’était très chère s’éteignait.
Les dates, toujours les dates...

mercredi 30 août 2017

Pas seulement belle



"A l’inverse de Jean-Luc, je l’avais aimée dans Galia et dans La Grande Sauterelle. Elle me semblait incarner, à l’écran comme à la vie, une volonté de liberté à laquelle je pouvais m’identifier. J’éprouvais pour elle, a priori, beaucoup de sympathie qui se renforça de jour en jour et qui se transforma vers la fin en une sincère admiration."

Photos et texte extraits du livre de Anne Wiazemsky Photographies, à propos du tournage de Week-end (JLG, 1967) sur lequel elle était photographe de plateau.


lundi 28 août 2017

La tentation mauve (6)


A...

... Valparaiso, ...

... elle...

... était...

... partout.

mardi 22 août 2017

La cérémonie



Et c'est ainsi que
sous le regard vaguement inquiet des arbres d'été
la cérémonie eut lieu
et le soleil changea de mains.


mercredi 16 août 2017

Rentrée


Fin des vacances, télescopage des lieux : pisco sour en Haute-Provence

mardi 11 juillet 2017

Hiver austral



Comme quoi, quand le ciel a la tête en bas, il sait manifestement perdre toute décence et se donner des airs de fin du monde...

 

L'hiver arrive à Santiago.
Et l'attrait grandit encore.
Puisque tu restes.
Là-bas.

Les photos sont de notre envoyé spécial, devenu correspondant permanent, à Santiago, que l'on s'apprête à rejoindre. On s'éclipse donc quelques semaines, ce qui ne nous empêchera pas, chers amis, chers lecteurs, de boire quelques pisco sour à votre santé !

Car on boit du pisco aussi
bien au Chili qu'au Pérou...

lundi 10 juillet 2017

Ruptures de réalité et brèches magnifiques



"Le monde est une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, écrivait Montaigne il y a quelques siècles, et cette idée d'un monde en mouvement permanent est très belle, mais Montaigne n'avait pas idée de ce que ça allait devenir, qu'il faudrait désormais se battre pour retrouver un certain droit au calme, à la solitude, au repos et à tout ce qui va avec, la lecture, la pensée, la rêverie, mais on n'a plus le temps."


"C'est étonnant comme, parfois, on se met à vivre plus vite, beaucoup plus vite, à cause d'un rien, de quelques mots, d'un regard ou d'un air entendu. Recevoir un message, le lire, se dire pourquoi pas, et hop, partir.
[...]

Un coup de fil à Kamel qui, oui, bien sûr, s’occupera des enfants, et la voici sur la route, avec sa vieille voiture grise, son sac sur la banquette arrière. Boulogne-sur-Mer – Saint-Jean-de-Luz : mille quarante kilomètres, trajet estimé à neuf heures trente en passant par Abbeville, Rouen, Le Mans, Tours, Poitiers, Bordeaux et Biarritz. C'est long, c'est une expédition, on n'en fait plus tellement à une époque où l'on se rend en un clin d'œil à l'autre bout du globe, à peine le temps de rentrer dans l'avion et vous voilà sur un autre continent, sans même avoir pu réaliser que vous voyagiez. On a perdu cela, la durée du voyage, ce temps hors du temps avec ses temps morts, ses rencontres, ses rêves. Il faut, pour retrouver ces sensations délectables, savoir aller un peu moins loin, bizarrement, prendre sa voiture et non pas l'avion, rouler et ne surtout pas voler, le voyage aérien stoppe net bien des tentatives d'évasion, Icare l'a appris à ses dépens il y a déjà bien longtemps."


"Il a repris le volant et Lucia s'étonne de la facilité avec laquelle elle se laisse conduire sans même s'inquiéter de leur destination. Elle s'en fout, en fait. Elle est bien, là, aux côtés de cet homme qui est botaniste comme elle est épistolière. Un vieux rêve, ça, d'ailleurs. Troquer les mails du service clients contre des lettres, des vraies, écrire aux vieilles dames solitaires nichées dans les grandes villes, écrire aux ados torturés, écrire aux petits qui croient encore au Père Noël, écrire à ceux qui disent que c'est triste, de nos jours, le facteur n'apporte plus que des factures, écrire à ceux qui ont oublié ce que c'est qu'une lettre, écrire sur du papier bleu, rose ou vert, écrire à l'autre bout du monde ou à la voisine de palier. Écrire."




"Une cicatrice céleste qui s'atténuera peut-être, au fil du temps.
Ou subsistera.
Les cicatrices disparaissent-elles jamais complètement ?"


* * *

De ruptures de réalité en brèches magnifiques, le dernier roman de Nathalie Peyrebonne est un véritable enchantement. En exergue du livre, cette citation de Claude Roy : « Il faudrait essayer de ne pas accorder trop de réalité à la réalité. Le monde a grand besoin que nous doutions un peu de son existence. » Joli programme, non ?

samedi 8 juillet 2017

On a beau savoir



On a beau savoir qu’on a devant soi plusieurs années de lecture rien qu’avec les piles qui encombrent le salon, qui entourent le lit... rien n’y fait, il y a des achats nécessaires avant l'imminent départ en vacances, des achats qui rassurent comme des provisions qu’on ferait avant une possible apocalypse, des achats qui consolent de passer encore un week-end au travail... La crème solaire, le stick pour les lèvres et les médicaments passeront après.